Le palmarès des éditeurs de logiciel Français

Editorial - Nathalie Kosciusko-Morizet

Nathalie Kosciusko-MorizetLe logiciel est à la fois le cœur technique de la société numérique et le poumon économique d’une industrie agile et rapide. Sa force réside dans le fait que sa réussite économique et son expansion conditionnent celles de tous les autres secteurs de l’économie.

Le Logiciel est peut-être l’exemple le plus accomplit de l’économie de l’intelligence. C’est lui qui innerve la machine, et permet à l’homme de lui parler et d’inventer les usages qui peuvent exploiter la puissance toujours plus grande des machines.

Les sociétés françaises du Logiciel disposent à mes yeux de quatre vertus, qu’il convient de préserver et qui sont bien visibles dans la présente étude :

Elles sont créatrices d’emploi et de richesse. Parce que l’investissement majeur d’une société de logiciels, c’est l’humain, et parce que les besoins et la marge de progression du marché, en France comme à l’international, est encore phénoménale.

Elles permettent aux usages d’Internet et de l’informatique de diffuser dans la société et de simplifier nos vies quotidiennes.

Elles apportent des gains de productivité et de la compétitivité aux entreprises françaises qui sont, grandes ou petites, toutes confrontées à une compétition internationale féroce.

Elles maintiennent sur notre territoire une expertise et une compétence sur un champ critique de connaissance et sont, en ce sens, les garantes de la souveraineté technologique de notre pays.

Cette étude montre bien par ailleurs que les entreprises françaises du secteur du logiciel n’ont pas atteint, dans leur grande majorité, la taille critique qui pourrait leur permettre de se protéger contre des rachats étrangers et d’envisager sereinement un développement à l’international. C’est pourquoi je veux leur faciliter l’accès à la commande publique, en faisant largement connaître auprès d’elles et des acheteurs publics la possibilité prévue par la Loi de Modernisation de l’Economie de leur réserver 15% d’un marché public. Cette possibilité représente un vrai pas en avant sur le chemin d’un SBA à la française, et je compte sur l’administration pour la mettre en œuvre systématiquement, dans un esprit d’efficacité et de cohérence de l’action publique.

Nathalie Kosciusko-Morizet

Bernard-Louis Roques et Nathalie Kosciusko-Morizet

 

Bernard-Louis RoquesLa vague de la consolidation qui a déferlé en 2007 a continué de faire des ravages l'an dernier : en 2 ans pas moins de 11 sociétés parmi les plus importantes ont disparu du Truffle 100 pour cause de rachat par des éditeurs américains, allemands ou anglais.

La crise n’arrange rien. Pourtant, face à des perspectives de croissance sans cesse révisées à la baisse, la grande majorité des éditeurs restent offensifs et ripostent notamment en développant de nouvelles offres comme par exemple le Saas («Software as a Service»).

Aujourd’hui, les technologies de l’information et de la communication sont devenues le principal facteur d’amélioration de la productivité des entreprises en France et, en dépit de l’adversité, les éditeurs continuent de créer des emplois qualifiés (effectif de R&D = 10 000 personnes en 2008), d’investir massivement (700 millions d’euros en 2008), de générer des profits (la rentabilité nette de 7,6% du chiffre d’affaires) et de payer des impôts conséquents (l’IS payé équivaut au budget d’Oseo en avances remboursable).

Les acteurs du logiciel français réunissent tous les atouts pour mériter une vraie politique industrielle… à commencer par l’aménagement du statut de JEI, qui pousse les éditeurs à se vendre au bout de 8 ans, ou à travers la mise en place d’un véritable Small Business Act, mesure qui caracole depuis 3 ans en tête des attentes des éditeurs français et européens. Ce SBA est une mesure anti-crise idéale : créatrice d’emplois, à coût budgétaire nul, qui permet aux administrations de faire des économies tout en gagnant en productivité. Elle permettra aussi aux éditeurs nationaux de devenir consolidateurs plutôt que cibles… Qu’attend-on ?

Cette 5ème édition du Truffle 100, publié par Truffle Capital, le CXP et avec le soutient de Syntec Informatique, n’a d’autre objectif que de servir utilement la cause de l’industrie du logiciel.

Bernard-Louis Roques